Laurie Suffren
Hypnothérapeute à Aix-en-Provence

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Pour se sentir légitime et entendu nous devons passer un cap, le cap de la honte et de la culpabilité, oser se mettre à nu pour enfin quitter le statut de victime pour avancer plus librement. Ce blog je l’ai créée pour que mes patients puissent témoigner en toute sérénité car écrire, mettre des mots sur une souffrance, c’est accepter pour tourner la page. Bien sûr les mots ne suffisent pas et ce blog n’est qu’un outil que j’ai voulu mettre en place afin de compléter mon accompagnement en cabinet.

 

 En tant que thérapeute, je vais faire le premier pas, l’extrait que je vais vous raconter est une partie de mon intimité qui jadis m’a détruite. Expliquer aux personnes que je suis dyslexique avec des troubles de l’attention et très compliqué car ses troubles invisibles ne peuvent pas s’expliquer, alors je fais le choix de vous partager le comment je l’ai vécu durant  toute mon enfance et adolescence.

 

A l’époque de ma scolarité dans les années 80 on ne connaissait pas les troubles d’apprentissage, d’où ma difficulté de comprendre mon cerveau, alors je me suis construite dans la douleur et la peur jusqu’à mes 20 ans. C’est lors de ma formation d’éducatrice que j’ai compris beaucoup de chose et que  je me suis faites suivre par des thérapeutes pour enfin me libérer de mes croyances que j’étais nul, débile….enfin une nouvelle vie commençait.

 

Même si encore aujourd’hui j’ai des difficultés d’écriture (orthographe, syntaxe..)  je l’assume, d’ailleurs je vous laisse le soin de corriger mes fautes car je ne peux pas être qui je suis, si je dois toujours passer par une correction  extérieur.

 

Merci pour votre indulgence et votre bienveillance.

 

Voici un extrait de mon histoire….. 

 

Quand le cerveau  n’imprime pas comment l’apprivoiser autrement

 

« Lui cet inconnu qui pendant des années m’a plongé dans un grand trou noir, ce big bang de l’apprentissage noyé dans mon univers sans pouvoir y ressortir. Chaque information se perdait dans ma tête sans que cela m’appartienne, mais ou étaient parties ces lettres, ces mots, ces phrases, quelle sens donner à ces formes qui se cachent quelque part dans ma tête happées dans ce tourbillon de neurones sans fils conducteur pour me les traduire. Pourquoi quand je lis mes yeux suivent les lettres mais je n’arrive pas à m’en souvenir, pourquoi lorsque l’on aborde la notion de la quantité, de sommes je n’arrive pas à comprendre et à me l’approprier. Dans quel monde je suis, pourquoi je suis la seule si différente dans ma classe ?

 Toutes ses questions m’ont accompagnée toute ma vie sans jamais comprendre ce que j’avais.

 

Tout a commencé en maternelle, les premières années étaient amusantes, le collage, le coloriage n’étaient pour moi que des formes, des couleurs que l’on devait assembler comme un tableau, une œuvre d’art sans comprendre la consigne mais je m’amusais. Puis est venu l’apprentissage de la lecture syllabique ces formes que l’on doit mettre bout à bout pour faire un mot, puis un mot qui devient une phrase. C’est quoi une phrase ??? je vois bien l’animal, je connais son nom mais je n’imprime pas les lettres pour les écrire.

 

C’est quoi ce monde, ces lettres qui se bousculent dans ma tête est se perdent dans le néant, pourquoi elles ne reviennent pas dans mon stylo dans le bon ordre et pourquoi j’ai si mal au doigt quand j’écris. Je n’arrive pas à suivre les lignes, la forme, ma main part dans tout les sens, j’ai mal aux doigts et au poignet. Ma tête s’affole mes yeux se perdent dans les objets, les formes de la classe, j’entends du bruit, des mots je vois du mouvement mais je ne suis pas là, j’ai peur, je suis comme dans une bulle sans pouvoir communiquer.

 

Des mots des mots et encore des mots à écrire et à lire. J’essais de le faire, mais je suis comme un robot qui exécute sans comprendre, un mouton qui suit sans savoir ou aller. Je vois les copains et les copines jouer avec ses formes, mais moi je suis sur une autre planète, je n’ai qu’une envie c’est de m’envoler comme un oiseau.

 

Pourquoi je n’y arrive pas pourquoi je n’imprime pas la consigne, que veut dire ces formes ?

 

Plus les années passées et moins je comprenais, les livres obligatoires étaient pour moi des formes, j’avais appris à lire avec les yeux mais je ne comprenais rien. Une phrase était que des lettres dans ma tête c’était l’affolement, j’essayais de retenir les mots pour donner du sens mais rien ne se passée je n’imprimais pas.

 

Les mots ne revenaient pas ils étaient partis où ? Quelque part dans mon univers, quelque part dans le néant de mon cerveau, je savais qu’ils allaient ressortir mais quand ??? Alors je lisais par automatisme, en classe j’essayais de faire comme tout le monde me dire que j’étais comme mes camarades mais je sentais bien que j’étais différente.

 

 Ma hantise la lecture en classe à haute voix, la maitresse avait cette pédagogie humiliante à mon goût celle de désigner un élève pour lire un passage d’un livre. Dans ce moment précis, mon corps tremblait et je regardais par la fenêtre en espérant devenir un oiseau pour m’échapper de cette torture. Je savais qu’un jour je devais y passer mais quand. Ce jour est arrivé j’entends mon nom, je me lève, étant au fond de la classe j’ai « l’honneur » de passer devant tout les rangs avant de rejoindre l’estrade. La maitresse me tend le livre avec le passage à lire et la, c’est tourbillon dans ma tête je sais que je ne peux plus me cacher, que tout le monde va savoir que je ne sais pas lire, les phrases ne sont que des mots, les mots que des lettres qui ne veulent rien dire. La page devant les yeux je commence à lire les lettres une par une en essayant d’en faire des mots l’émotion monte mes « camarades » hurlent de rire et la maitresse me regarde froidement en me disant « une fois de plus tu veux te faire remarquer, je mets un mot dans ton cahier et tu resteras en classe pendant la récréation et tu me recopieras 100 fois la phrase j’arrête de faire le pitre devant mes camarades  »  Je retourne m’assoir en me disant que  plus jamais cette humiliation.

 

En plus de la lecture j’avais le problème de l’écriture. Les mots sont devenus mes pires ennemis en plus que je ne les comprenais pas, ils s’écrivaient toujours pas dans le bon ordre, les P devenaient des B, les syllabes s’inversaient….

 

Afin de ne pas subir, tout les jours de classe, je m’enfermais dans mon monde, mon corps et mon esprit s’échappaient dans le décor je comptais les carreaux, les lignes et si le nombre était impaire, je paniquais alors je recomptais les carreaux aux sols. Ce besoin de compter je le faisais aussi pendant la récréation…… »

 

Comme je vous le disais, je m'en suis "sortie" lors de ma formation d'éducatrice et pour moi ces  lignes ne sont que la trace d'une souffrance jadis violente mais qui depuis fait la force avec mes faiblesses et mes forces :

mes faiblesses : Je ne sais toujours pas synthétiser et résumer des articles, sans compter les fautes d'orthographes, de syntaxes qui dans notre pays est une sanction voir une radiation car nous créons des élites performants au délà de l'individu, tout se construit autour de la performance.

mes forces : Je suis créative, bienveillante, congruente, altruiste et surtout à l'écoute de votre être interieur sans jugement. Merci à ma dyslexie et Trouble Deficitaire de l'Attention car je pense differement et cette experience de vie laisse la place à l'experience et à développer d'autres stratégies de penser pour exister singulièrement.

Comme je vous le disais dans ma page de présentation ( qui je suis) mon métier est pour moi une évidence.

 

Dans le prochain article vous pourrez lire le témoignage d'une jeune fille que l'on va appeler Françoise et qui nous racontera avec courage son agression....Article "Au secours"

 

A bientôt


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