Laurie Suffren
Hypnothérapeute à Aix-en-Provence

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Bien souvent les personnes que je reçois dans mon cabinet on un mal être, une mauvaise estime d’elle-même les empêchant d’avancer sans savoir pourquoi. Alors elles me parlent de leurs symptômes avec des croyances bien encrées: «  c’est parce que mes enfants grandissent, mon conjoint me porte moins d’attention, j’ai toujours été comme cela, j’ai toujours tout raté, mon boulot me ronge…. »

Travaillant sur les causes, je vais amener la personne à faire le lien avec ses blessures d’enfant et rapidement elle va avoir un déclic, une phrase, une situation qui  vont  surgir.

Dans un premier temps la personne va minimiser ce déclic en faisant le lien mentalement, mais l’émotion est là, s’exprime par des larmes, des tremblements,  exemple « non, cette phrase, situation, est banal et en plus c’est normal que mes parents, professeurs…   me disent sa c’est vrai qu’à l’époque j’étais : un(e) cancre, une jeune fille (garcon)difficile… donc c’est normal que mes parents, prof….me disent que je vaux rien et que je n’arriverais à rien. Je reconnais que j’ai grandi avec ses mots et que j’ai toujours été persuadée que je n’arriverais jamais dans ma vie et ils avaient raison, la preuve mon frère (sœur) a réussi et pas moi ». Pendant que la personne essaie de se convaincre mentalement, les larmes coulent  sans pouvoir mettre une émotion dessus comme si l’émotion était anonyme, non reconnue.

On comprend bien que cette phrase et/ou cette situation qui pour elle lui semble anodine  va justement construire son identité d’une façon erronée avec la croyance que cette phrase l’identifie comme tel, comme si cette phrase validait ce qu’elle est sans savoir elle-même ce qu’elle vaut.

Tout mon travail va se focaliser dans un premier temps à  identifier l’émotion, la nommer, l’entendre et la reconnaître afin de mettre des mots sur ses croyances et ses blessures d’enfant. La personne doit s’approprier son histoire sans la juger simplement l’accueil et s’autoriser à l’exprimer sans culpabiliser. Le but étant que la personne puisse se reconnecter sans jugement envers elle ou ses proches simplement accueillir l’émotion en lien avec la mauvaise image et/ou la mauvaise estime d’elle même.  Dans un deuxième temps lors de la même séance, nous allons réparer ses blessures intérieures par le biais de l’hypnose thérapeutique. Quelques séances suffiront pour que cette personne puisse enfin se réaliser.

 

Exemples de phrases de jugement 

  • Un parent dit à son enfant de 6 ans «  enfin laisse moi faire tu n’y arriveras jamais c’est trop compliqué pour toi »

La phrase n’a rien de méchant sauf si nous la remettons dans le contexte, cet enfant de 6 ans veut être fier de lui en voulant aider son parent à son niveau. Le parent au lieu de l’aider à expérimenter va le couper net dans son élan en affirmant QU IL N'ARRIVERA JAMAIS  mot encré dans la tête de l’enfant. Si cette phrase reste isolé et que le parent le reste du temps est disponible et lui laisse expérimenter, cette phrase pourra être anodine. En revanche si cette phrase confirme et appuie au quotidien que l’enfant est nul l’enfant va s’identifier.

  • Un parent dit à un(e) ami(e) devant son ado de 14 ans : «  de toute façon on le sait, il a toujours été nul à l’école ce n’est pas comme son (frère, sœur) qui a toujours réussi, il ne passera pas en seconde, donc c’est soit le redoublement, soit la voie de garage. » Le parent se retourne vers son ado en lui demandant de valider sa version «  tu es d’accord avec moi …tu n’aimes pas l’école et encore moins travailler tu n’as pas le choix que de partir en voie de garage (sur un ton ironique) »

Dans cette phrase l’ado a une double peine, celle de l’échec scolaire et celle de la validation de son parent qu’il est nul et que seul la voie de garage peut faire de lui quelqu’un de potable comparé à sa sœur ou frère.

 

Pourquoi ces phrases et ses situations sont aussi puissantes ?

Un enfant pour grandir a besoin de repères  sociaux, familiaux pour apprendre les codes  (habilités sociales) mais aussi et surtout pour apprendre à se connaître à travers l’Autre. Se sont les adultes dans son environnement social  et familial qui vont décoder et programmer sa construction identitaire et émotionnelle. Pour se sentir aimé et à sa place, l’enfant fera en sorte de correspondre aux attentes des adultes (soumission) ou se démarquer (rébellion) pour exister autrement que son frère… .Cette quête de l’amour inconditionnel va créer un lien plus ou moins sécurisant avec cette croyance que si  mes parents  ne sont pas fiers de moi c’est qu’ils ne m’aiment pas et que je suis nul.

C’est au quotidien, dans les remarques et les  injonctions que lui adressent  les adultes et en particulier ses parents, que l’enfant prend ses marques, se repère  en se faisant progressivement une idée de ce qu’il est. Bien souvent,l’enfant doit composer avec l’image de lui que se forgent ses parents. Les parents projettent en lui l’enfant idéal, l’enfant parfait qui va réparer leurs  propres blessures  afin de calmer leurs peurs et leurs angoisses.  

A l’adolescence le jeune a envie de se confronter à lui-même en faisant ses propres expériences d’où ce côté rebelle afin de développer l’affirmation de soi. Cette étape est importante mais pas souvent comprise par les parents, cet enfant jadis si soumis et  nourrissant leurs  propres désirs remet tout en question à l’adolescence par ce besoin d’exister autrement. Si les parents ne se réajustent pas, les injonctions seront d’autant plus violentes laissant peu de place à la communication et à l’expérience. L’adolescent commencera  à douter de lui (perte de confiance et mauvaise estime de lui) avec cette double peine qui est la culpabilité et la peur de ne plus être aimé.

 

Comme on l’a vu,  l’adolescence est le moment fort et parfois violent de l’affirmation de soi. Pris entre les injonctions, les projections  parentales et ses désirs de construction propre, le moi de l’adolescent cherche une voix singulière pour s’exprimer. L’adolescent rejette de façon sélective et quasi systématique les identifications auxquelles il n’adhère plus pour en chercher de nouvelles à l’extérieur (bande d’amis, chanteurs, idoles sportives ou de la télé, etc.). D’où l’importance pour les parents de communiquer autrement avec son ado en lui faisant confiance tout en le cadrant.

Si durant cette période les parents par peurs de perdre le contrôle réagissent par des mots blessants tel que «  tu ne connais rien de la vie et tu oses me faire une leçon, tu t’es vu toi l’égoïste qui se croit malin en plus… quand tu auras fait quelque chose de ta vie on en reparlera …..  », le jeune ado se révoltera encore plus tout en doutant de lui car il se sentira incompris rejeté et surtout plus aimé. Pour calmer cette  insécurité affective l’ado va s’accrocher au moindre regard et au moindre mot de ses parents tout en essayant de prendre son envol. Chaque mot, chaque phrase, chaque attitude aura son importance, l’ado va s’accrocher à cette croyance que si il redevient « docile »  il sera à nouveau aimé, mais en même temps, il veut être aimé pour ce qu’il est et penser par lui-même. D’autres ados seront au contraire plus révoltés en colère envers leurs parents avec la croyance que ses parents sont déçus de lui, qu’il ne vaut rien et valideront cette croyance en ayant un comportement déviant, agressif se manifestant par des fugues, échecs scolaire, rebellion…..Ces comportements (soumission/ rebellion)  sont les symptômes d'une souffrance interne.

Les mots ne sont pas que des mots, ils peuvent juger, humilier, surprotéger, étouffer, blesser  et mettre la croyance à l’enfant et l’adolescent que ses mots sont ce qu’il est. Alors l’enfant/ l’ado va se construire avec ses croyances qu’il est : nul, rien, peureux, paresseux….. 

 

Que faire entant que parents pour réparer un mot ou une phrase blessante dites sous la colère :

Revenir sur la dispute et les mots blessants avec son enfant, son ado et exprimer son émotion, son ressenti, ses peurs, ses doutes afin de déculpabiliser l’enfant / l’ado.

Parler permet de mettre des mots sur des maux, des blessures et surtout cela permet à l’enfant/ l’ado de s’exprimer également, d'être entendu, reconnu, compris. Il peut s’autoriser à dire  «  tu as raison, moi aussi j’ai dit des mots que je ne pensais pas, mais tu sais j'aimerai….. »   Parler permet enfin de déculpabiliser et d’identifier l’émotion qui se cache derrière (colère, tristesse, peur….) .

Il faut du temps, l'ado par sa construction identitaire  risque de masquer son soulagement par une attitude neutre, agressive et par des mots forts, culpabilisants, mais il va entendre le message alors faites lui confiance.

D'où l'importance de communiquer dés le plus jeune âge de votre enfant afin que cette relation soit établie "naturellement" . Cela permettra  à votre futur ado de se rassurer avec vos mots et s'autoriser à parler, à exprimer son émotion, ses choix, ses décisions en sachant qu'il sera entendu et que le dialogue est ouvert. Comme il a besoin de cadre, votre ado vous demandera conseil..car il sait qu'il ne sera pas jugé mais pris en considération.

 

Je vous laisse le soin de regarder cette illustration résumant en image l’impact des mots et je vous invite dans un deuxième temps de la visionner avec votre enfant ou faire passer l’info à votre ado.

A bientôt

 

 


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